Témoignages de Femmes créatrices d'entreprise (2)

Certains complexes ‘bloquent' les femmes

La rencontre avec Viviane de Beaufort, directrice de programme au sein de l'Essec, nous éclaire sur le regard porté sur l'entreprenariat féminin. On constate que seulement 2/3 des femmes désireuses de créer une entreprise y arrivent. Ce sont souvent des jeunes femmes pour qui la création est la seule issue pour avoir un emploi dans cette période de crise.
Les femmes développent aussi le ‘complexe de l'imposteur', c'est-à-dire qu'elle exige d'elle-même une perfection qui ne leur est pas forcément demandée. Elles ont aussi plus de problème vis-à-vis de l'argent et ont tendance à investir leurs propres économies pensant que les banquiers ne les suivront pas ; Ce qui est faux, car les banquiers ont tendance à faire confiance aux femmes qui sont souvent plus prudentes que les hommes. Celles qui ont su aborder ce sujet financier ont affichées de très belles réussites.
La crainte de l'isolement est aussi mal perçue par les femmes, il faut qu'elles apprennent à s'entourer. Pour démarrer, il y a des réseaux spécialisés pour les femmes créatrices, mais pour éviter un effet de ghettoïsation, dès que l'entreprise est lancée, il vaut mieux se rapprocher des réseaux mixtes.
Un des autres obstacles rencontrés par les femmes est le manque de confiance en elles. De plus, elles sont souvent moins soutenues par leur entourage. Le désir de maternité est aussi un autre obstacle, c'est pourquoi souvent les femmes s'engagent dans l'entreprenariat lorsqu'elles sont déjà mères.

Un micro-crédit pour changer la vie.

L' ADIE, Association pour le Droit à l'Initiative Economique, est un acteur majeur pour l'aide apporté aux femmes exclues du marché du travail et du système bancaire classique à la création de leur entreprise.
Cette association accompagne 42 % de femmes. Les femmes sont plus prudentes que les hommes et plus mesurés dans leur demande mais manque aussi parfois d'ambition. Le montant du micro-crédit accordé s'élève en moyenne à 2682 euros pour les femmes contre 3085 euros pour les hommes.
Assanad Ibouroi a un niveau d'étude de bac + 7, master en psychologie et neuropsychologie, licence en philosophie, master en management européen des ressources humaines. Avec un tel bagage, elle aurait pu avoir une carrière toute tracée. Mais elle casse les codes classiques en créant son entreprise ‘Il était une fois mes cheveux'. Son point de vente réuni un salon de coiffure, un bar à cosmétique bio, une galerie d'art et un espace pour enfants. Elle met ainsi en avant ses passions qui sont la coiffure et les tissages ancestrales de son pays Madagascar. Pendant trois mois, elle a suivi une formation de la part de L'ADIE dans le cadre du dispositif ‘Créa Jeunes' ? cela lui a permis d'apprendre beaucoup sur la gestion, les difficultés et les nécessités d'une entreprise.
En plus de la formation, l'ADIE l'a aidé à monter un business plan qui lui a parmi d'obtenir un micro-crédit de 10 000 euros. Elle doit affronter aussi l'incompréhension de son entourage professionnel qui, pense que faire des études pour ouvrir un commerce ‘c'est du gâchis'. Ses projets sont nombreux, elle veut entre-autres créer son propre laboratoire de fabrication de produits naturels.

Quelles sont les aident apportées aux femmes ?

En plus des aides normales d'aide à la création, les femmes créatrices d'entreprise bénéficient également de certains dispositifs qui leur sont réservés.
Il y a les Centres d'Informations aux Droits de Femmes (CIDF) qui ont vocations d'information. Ces centres ont mis en place des stages de formation, des aides à l'élaboration de business plan, des méthodologies pour aider à l'étude de marché, d'information sur les moyens de financement…
Le Fonds de Garantie à l'Initiative des Femmes (FGIF), qui garantit jusqu'à 70 % des prêts accordés aux femmes.
Le CLEFE est le Club Local d'Epargne des Femmes qui Entreprennent qui prêtent entre 3 et 7 mille euros aux femmes qui créent leur entreprise.
L'association Force Femme apporte soutien, conseil, formation, échanges et coaching aux futurs créatrices.
Et ‘Entreprendre au féminin' sont des associations créées par des femmes chefs d'entreprise qui apportent leurs conseils en amont de la création. Ce sont des associations régionales.
D'après un article de Valérie Talmon paru dans les échos business du 7 mars.

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  • Crée le: 21/03/13 01:00

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